mercredi, octobre 17, 2012

vendredi, octobre 12, 2012

Rajeunir en dormant

Le désarroi cherche
à prendre pied
quelque part au royaume.

Le roi par contre
jette les dés,
tandis que je traverse
le Rubicon dans l'autre sens.

Pendant tout ce temps,
de quoi je parle,
j'ai à peine dormi.
J'ai fort vieilli.

Le royaume omet
de préparer mon retour
et le départ du roi.

samedi, octobre 06, 2012

Quelle joie!

Un bras signe l’air,
d’un tour de main.
Du coup, tout devient
insignifié. Les haltères

n’en demandent que deux
et attendent, ce sera en vain,
que l’autre bras donne la main.
Finnegan et Ulysse ne sont heureux,

l’un se réveillant, l’autre s’endormant,
d’être séparés par leur auteur,
qui n’a jamais écrit que d’une main.

Une jambe qui, s’écartant
cherche l’autre non sans bonheur,
restera unique ou s’unira en vain.

lundi, août 13, 2012

On y va, en vacances et au canal (4 et fin)

préambule:
Sous le soleil exactement, qui nous arrive enfin - voilà l'été! - je me balladais, aujourd'hui, à Bruxelles, hésitant entre les Filigranes et les Tropismes. Est-ce le trop de soleil qui a fini par me pousser aux tropismes? Zut alors, joe, j'y ai acheté trois bouquins, quelques dizaines d'euros.
Surréaliste?
Le Canal figure parmi mes achats. Jean-Claude Dubois, poète. jamais entendu parler de lui. Edité par Manier et Mellinette Cheyne. Jamais entendu. J'ai ouvert le recueil: du pratiquement tout vu! Du à la mode bourgeoise, incroyable! Mélancholique, coliques etc. Mais il y a plus.
Je me suis mis à 'répondre' aux poèmes. Et voilà l'été et bientôt je me retirerai pour mes vacances, pour rendre vacant mes esprits. J'espère à ce moment-là pouvoir publier ici mes poèmes en réponse à M. Dubois.




Jean-Claude Dubois, le canal et moi


En suivant le canal, en français,
le long de l'eau, sa langue change.
Vers le nord, le néerlandais.

Ik heb altijd gesproken tot het kanaal
maar het kanaal weet dat
als je alleen spreekt
je daarom nog niet de waarheid spreekt.

(dat zeg jij; maar ik
spreek niet tot het kanaal.
Ik spreek de vissen toe in het kanaal
tot ze toehappen; je bent nooit alleen bij het kanaal.
Ik hou van de vissen,
de vissen houden niet van mij.
Zodra ze me te zien krijgen, haten ze me)

(tu parles; moi, par contre,
je ne parle pas au canal.
Je parle aux poissons au canal
jusqu'à ce qu'ils mordent; on n'est jamais seul au canal.
J'aime les poissons,
les poissons ne m'aiment pas.
Dès qu'ils me voient, ils me haïssent
)


Vaak heb ik het gezegd
dat zijn blik die van de vogels
leek te kruisen
op het eigenste ogenblik
waarop hun uitleg opvloog.


Moi, le regard des oiseaux me dit,
tu parles, qu'il y a du poisson
et alors, je croise leur regard par ma canne.


Ik lig op mijn buik op het jaagpad, mijn hoofd beroert het water, alles lijkt me buiten proportie. Mijn verleden, mijn herinneringen en bovenal, mijn voorvaderen. Ze leefden op het oppervlak van het kanaal zonder dat ik ze bemerkte.

Ik ben daar gebleven, lang genoeg om de helft van de hel uit het hoofd te leren. De andere helft behoorde me nog niet toe. Ik heb het beleefd als rouw, als een voetspoor dat edeler werd naarmate het uitgeveegd werd.


Je suis assis à ras les fesses sur le chemin de halage, souvent aussi je m'y ballade, ma canne effleure l'eau. Tout semble bien proportionné. Je lance puis je tire ou encore je lance et j'attends. Les poissons vivent sous la surface du canal sans que je m'en aperçoive.
J'y suis resté, suffisamment de temps pour en capter quelques uns. Les autres sont restés et ne m'appartiennent pas. Je l'ai vécu comme un festin, chantant, dansant, écrivant l'empreinte de mes pieds sur le chemin de halage.


Je bent te laat. Als we de wet strikt zouden toepassen, zou de rest van de wereld niet op jou hoeven te wachten. Niemand immers gelast zich met tijden die gestruikeld zijn.

En toch hebben we op jou gewacht. Het verleden zowel als ik.
Het heeft van de gelegenheid gebruik gemaakt om me nog ongelooflijker en nog oudere verhalen te vertellen.
Oud worden is bang zijn om een echt verhaal te beleven.

Oui, je suis en retard. Et alors?
Cela m'arrive rarement. Pratiquement jamais.
Et alors? Tu crois que je me suis trébuché?
J'ai simplement mangé trop de bûcher. Et alors?

Malgré tout, malgré l'application stricte
de ce que tu crois être une loi, me voilà, te voilà.
Et maintenant?
Tu crois sans doute que notre vraie histoire commence maintenant.
Et bien non, elle a déjà commencé
au moment où tu as commencé à m'attendre,
où j'ai commencé mon voyage vers toi.

Ce canal était mon ange gardien.

Il m'a souvent consolé.
Il me disait que j'étais trop effacé,
trop solitaire.
Que si je voulais être aimé un jour,
il me faudrait poursuivre le monde
de l'autre côté de ma fragilité.


En voilà donc un, un canal
de communication.

L'ange gardien par contre
devient vachement fluent, limpide voire liquide.
Quand on est jeune et vachement banane,
on est toujours solitaire.
Rien de nouveau sous le soleil
et que la fragilité cache son autre côté,
c'est aller trop loin.
Dubois aime aller trop loin,
parfois. Reviens!

Après l'écluse
s'ouvre un monde
que je ne connais pas.

Plus le canal s'éloigne,
plus je tombe amoureux
de ce qu'il en reste.

Voorbij de sluis
gaat een wereld open
die ik niet ken.

Hoe verder het kanaal verwijderd,
hoe meer ik verliefd word
op wat er van overblijft.

Oui, il y en a pour qui
l'amour, ce résidu,
s'éloigne après l'écluse.

Moi aussi, je suis tombé,
dans la marécage, la vase
le long de la rive
du canal.

J'en suis sorti
de mes propres forces enfantines,
luisant, triomphant.
C'est ma mère qui l'a dit.

En effet, en répondant aux poèmes de ce Français du Nord, je me suis souvenu ma chute dans le canal près de chez nous. Un canal qui n'a jamais servi à rien. Une chute qui a servi à quelque chose.

J'ai les pieds ….

Ik sta met mijn voeten in het water
modder rond mijn enkels vat me.
Muggen
lopen er achteruit.

Het kanaal is vol azijn
en chagrijn.

Het spreekt.
Alles spreekt het tegen.

Tout à fait, oui,
les pieds dans la vase.

J'ai reniflé, il est vrai, une odeur puante
qui toutefois ne m'a pas pris.

Rien à dire,
en sortant j'ai couru
tout de suite à la maison.




vendredi, août 03, 2012

Décalage horaire me trouble en écumant

Quelque chose ou quelqu'un
parlait-il de Gustave?

Parfois on voit Gustave Klimt
qui monte et dont les chaussures
brillent et on souffre.

Si tu tournes la tête, tu parles
que tu vois comment elles tombent
par bottes, par grappes ou encore en vrac.

Gustave n'en perd pas le sourire.
J'agite même la main avec exubérance,
hors maison, hors ma peau
à tout ce et ceux qui tombent.

En se réveillant après la chute, une sœurette
s'avère morte. Quelle famille,
les Vagabonde.

Le vol d'épaves donne un poil dans la main.


mardi, juillet 24, 2012

Bruxelles capitale du surréalisme

Sous le soleil exactement, qui nous arrive enfin - voilà l'été! - je me balladais, aujourd'hui, à Bruxelles, hésitant entre les Filigranes et les Tropismes. Est-ce le trop de soleil qui a fini par me pousser aux tropismes? Zut alors, joe, j'y ai acheté trois bouquins, quelques dizaines d'euros.
Surréaliste?
Le Canal figure parmi mes achats. Jean-Claude Dubois, poète. jamais entendu parler de lui. Edité par Manier et Mellinette Cheyne. Jamais entendu. J'ai ouvert le recueil: du pratiquement tout vu! Du à la mode bourgeoise, incroyable! Mélancholique, coliques etc. Mais il y a plus.
Je me suis mis à 'répondre' aux poèmes. Et voilà l'été et bientôt je me retirerai pour mes vacances, pour rendre vacant mes esprits. J'espère à ce moment-là pouvoir publier ici mes poèmes en réponse à M. Dubois.

lundi, juillet 16, 2012

La chute après le siège

Les bananes poussent de travers
vertes initialement, comme moi.

Promptement et à courts bras au départ.

Et toi, où étais-tu, hein?

À la mer, simplement?
Au pied de l'arbre du mont?

J'ai détourné la courbe.

C'est là, alors,
que tu es sortie de la route,
lâchant un lacet de trop,
te battant avec une bretelle
de ton soutien-gorge,
quittant ta blouse bouffante déboutonnée,
tout juste sans trébucher
au bord de ton slip,
arrivant à mes côtés.

Tu es tombée d'une chute à part.

samedi, juillet 07, 2012

Comment monter le cheval de fer?

1.      Mon père avait applané et betonné le sentier.
Le sentier n’était pas fait pour être cyclable mais pour faire partie du jardin. Il était dès lors étroit. Le jardin était long et jeune, j’étais jeune et court. Quelle est la taille moyenne des garçons de huit ans?
J’avais emprunté un vélo des voisins. J’ai oublié combien de fois par semaine je l’empruntai pour m’apprendre à rouler, pas par pas, en vélo. Personne ne tint le vélo droit. Je tombais tout seul. Et tous seuls, les bleus disparaissaient. Et surtout les égratinures, bien qu’elles aient eu besoin de quelque désinfectant.
J’appliquais la chute libre, spontanément et d’une joie sordide, me relevai et remontai le cheval de fer. Je devrais et je devais. Je maintins. Tout comme le voisin, fort heureusement, même si je lui rendis son vélo peu intacte, ce qui ne l’a jamais empêché de me l’emprunter à nouveau. Le bonheur d’être voisin existait simplement.
Je ne comptais pas le nombre qui ne comptait pas, le nombre de chutes et des fois où je m’en remis. Le nombre de semaines qu’il m’a fallu, jusqu’au jour où je restai assis en selle, arrivant sans tomber au bout du sentier et de retour. Le monde était à mes pieds.
Pour mon anniversaire suivant, je reçus tout simplement un vélo tout neuf. Simplement? Mon bonheur n’avait pas de limite. Par rapport au bonheur d’achetere ma première voiture, celui de mon premier vélo était mille fois plus grand, tant j’avais dû endurcir pour réussir. Apprendre à conduire une voiture, c’était facile, sauf avec celle de mon père. Quel tank! Pas moyen de la faire bouger. Mais en voilà une autre histoire, je divague. Comme je divague facilement! Peut-être est-ce dû au vélo, avec lequel on a vite tendance de quitter les sentiers battus pour passer là où les voitures ne peuvent passer et pour retrouver, ensuite, le bon chemin.
J’allais à l’école et à la piscine en bicyclette. La piscine, où j’ai appris tout seul à nager. Sans tomber mais en perdant la tête dans l’eau, souvent. Pour remonter à la surface. Ah, quelle joie que de divaguer.
Au galop, cheval de fer. 

2.      Le vélo de grand-père
Tout comme tant de petits-enfants, j’étais un admirateur silencieux de mon grand-père, le père de ma mère, qui voici aussi. Mes propres petits-enfants m’admirent avec beaucoup plus d’élan. L’un me prend au cou, le second, dès qu’il me voit, rayonne. Mais en voilà encore une autre histoire.
Hélas, tout grand-père un jour meurt. Grand-père voulait abattre un arbre lorsqu’il a été abattu. On l’a emmené à l’hôpital, il n’était pas mort sur le coup mais quelques jours plus tard.
Grand-père n’avait pas de voiture. Toute sa vie, il s’est déplacé en vélo, toute sa vie un seul vélo. Il avait l’air neuf, tellement bien l'avait-il entretenu. Sans vitesses et à frein torpédo. J’en ai hérité. Parce que j’avais appris tout seul le vélo? Je n’ai pas reçu d’explication mais j’étais impressionné. À l’époque, j’étais à l’université et j’ai emmené le vélo de grand-père pour me déplacer à la fac. Je ne peux jamais me le pardonner. Très vite, le vélo a été volé. Ce jour-là et les jours suivants, j’étais triste jusqu’à la moelle. En héritant de son chapeau plus tard, la plaie s’est adoucie. 

mardi, juin 19, 2012

En même temps que la journée, la guerre s'éclate


La nuit venait de tomber
le sommeil nous avait déjà pris
– selon les bruits qui courent –
lorsque le téléphone a sonné.

Aucune musique des sphères ne l'accompagna
ni des nouvelles alarmantes.

Personne n'a sauté de peur
ni n'a-t-on vu passer quelqu'un
par un trou aux nues.

Des avions de combat et des drones
ont volé et volent
loin de notre lit.

Quelques heures plus tard et encore trop tôt
je me suis réveillé et ça y était, ayant éclaté.


mercredi, mai 30, 2012

Œuvre d'art et de musique

Si nous commémorons Jean Arp
en le réduisant à harpe,
nous gagnons quatre champs,
quatre champs de gagnés avons.

Nous mettons la main
à ses cordes.

À part sa moustache, Frank
Zappa était un vrai spartiate.
Même ses longs cheveux recevaient
à deux reprises par jour
un coup de peigne.

Nous mettons l'oreille
à ses cordes.

Si nous commémorons John
en le réduisant à ce que nous gagnions
quatre champs, quel coup
de feu que Colt.

Nous disons des prières
pour qu'il rase à surface d'eau,
montant descendant ses gammes,
toujours prenant les armes.




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