L’année est pratiquement passée, devient un passé, un peu étrange à l’étranger et dans notre propre pays. Mon père, décédé. Simon Vinkenoog, le grand poète hollandais, mort aussi. Un frère ou deux ont eu une attaque. Le système financier global est tombé de sa nue et quelle crise ! Quelle crise ?
Non, pas question de crise, une époque s’est terminée, celle non des vaches folles mais des vaches grasses. Reviendront-elles et faut-il qu’elles reviennent ? Et avec elles, ces banquiers qui poussent leur clients à devenir cupides. Je préfère qu’ils les poussent à la débauche, franchement.
Je m’en rends compte, je n’y ai pas assez consacré mes poèmes. Je ferai mieux.
Toutefois, cette année a vu, à deux coups, la percée d’un jeune écrivain, Nicolas Ancion. J’ai eu le bonheur et l’honneur de traduire ses playmobiles et de trouver une maison d’édition à cet effet, de sorte que son propre oncle puisse enfin le lire. L’autre coup était l’homme qui valait 35 milliards et qui valait une vente superbe : première édition épuisée après une semaine !
Saviez-vous que tous, je dis tous les livres d’un autre belge gagnant, Jean-Philippe Toussaint ont été traduits en néerlandais ? Allez voir sur son site.
J’ai eu une terrible maladie non identifiée, la guigelton, sous forme de recueil de poèmes écrits par le poète Hollando-Amsterdamais Pom Wolff (dont certains poèmes se trouvent sur ce blog en traduction, évidemment). Me voilà enfin encore à Amsterdam, en compagnie de mon beau-frère.
J’aurais voulu y retourner pour les obsèques de Simon mais j’étais trop loin, dans mon pays de vacances.
Et un autre mort, inattendu celui-là, Cyriel Vergauwen, de Sint-Niklaas, organisateur de la Nuit des poètes fâchés (Nacht van de Boze Dichters) à laquelle j’ai participé depuis des années.
C’est tout. Quoi, est-ce tout ? Rien de plus ? Qui sait.
Vous êtes à la recherche d'une poésie dépassant les langues et les frontières? Ou encore, vous n'êtes pas du tout à la recherche, vous y tombez. C'est ce pastout d'une langue qu'Eugène Ionesco écrit "lalangue". Lacan a repris ce terme."Quelque chose d'autre qu'il faut imaginer avant de comprendre" - Toni Morrison, Jazz
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jeudi, décembre 24, 2009
jeudi, septembre 24, 2009
Régime
Une tasse de café, ma tête coupée,
si elle ne contient pas la sagesse.
Pas question de me consoler ni de senseo,
il me faut une tasse d’espresso.
Et un fourneau de pipe rempli de tabac.
et le poète pom wolff avait écrit auparavant:
un café oui je veux bien
le senséo
est de tout le monde
tout comme la vérité
qui met des tranches en plaques
aux endroits
que je préfère
tranches aux endroits
où je préfère
mettre les plaques
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mardi, juillet 08, 2008
Quel tour de France?
Et voilà, c’est parti, le tour de France. Cette fois, il est bel et bien parti en France, de sorte qu’il ne faut plus penser que la France est partout (en Belgique, aux Pays-Bas, voire en Grande-Bretagne).
Cela a été mal digéré justement aux Pays-Bas, notamment par les poètes. Ils se souviennent de Joop Zoetemelk et du coup, ils pleurent. Du coup, oui, il y en a qui se sont mis à traduire un poème du poète Pom Wolf au site wbhttp://www.pomgedichten.nl/
Voici le texte final:
quand tu m’envoyais le silence
Rien
ne m’est plus cher
que la simple beauté
le bleuet
fraîchement scanné
naturellement
dans la lumière
une fille
en silence boit les mots
elle lui imagne divin
et moi
en silence
je ne peux plus penser
je doute
Traduction anne toulet
Or, il a fallu mon intervention pour signaler que la silence est une faute, que surtout comme il ne dit rien, le silence est masculin.
Que ‘rien est plus cher’, un petit rien, quoi, n’est pas ce qui était écrit en Néerlandais, qu’il fallait donc ‘ne’.
Qu’il faut qu’elle ‘le’ imagine divin.
Il est dès lors clair que les Hollandais n’arriveront pas à temps pour suivre le tour de France, d’autant plus qu’il leur faut, à cet effet, traverser la Belgique. Ils continuent à regarder ce petit pays, qui ne connaît son génie qu’en surréalisant, d’en haut, alors que, divisée, la Belgique risque d’envahir les Pays-Bas à partir du Nord de la Belgique.
Ils se contenteront de prendre leur caravane en main et de choisir quelque camping de la douce France, dont ils ne comprennent guère la langue.
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