Si nous commémorons Jean Arp
en le réduisant à harpe,
nous gagnons quatre champs,
quatre champs de gagnés avons.
Nous mettons la main
à ses cordes.
À part sa moustache, Frank
Zappa était un vrai spartiate.
Même ses longs cheveux recevaient
à deux reprises par jour
un coup de peigne.
Nous mettons l'oreille
à ses cordes.
Si nous commémorons John
en le réduisant à ce que nous gagnions
quatre champs, quel coup
de feu que Colt.
Nous disons des prières
pour qu'il rase à surface d'eau,
montant descendant ses gammes,
toujours prenant les armes.
Profonde lalangue
Vous êtes à la recherche d'une poésie dépassant les langues et les frontières? Ou encore, vous n'êtes pas du tout à la recherche, vous y tombez. C'est ce pastout d'une langue qu'Eugène Ionesco écrit "lalangue". Lacan a repris ce terme."Quelque chose d'autre qu'il faut imaginer avant de comprendre" - Toni Morrison, Jazz
mercredi, mai 30, 2012
vendredi, mai 25, 2012
Le désert appelle
Nous y appartenons en nous regardant
de dos. Je tire
la corde tendue dans la niche
de notre bras et je crache
oui, je mise bien!
non, je n’avale pas!
Nous tenons bon un bon coup,
en enlevant à toute vitesse la clé
de la porte, nous jurons
à moitié à l’intérieur: USB!
Nous voici mais où,
à l’intérieur?
ou à l’extérieur?
Mais où est donc au juste cette porte USB?
Par l’odeur du fumier
nous saurons
si un cheval, un cerf
ou encore un âne
nous emmenera plus loin
en extase
de dos. Je tire
la corde tendue dans la niche
de notre bras et je crache
oui, je mise bien!
non, je n’avale pas!
Nous tenons bon un bon coup,
en enlevant à toute vitesse la clé
de la porte, nous jurons
à moitié à l’intérieur: USB!
Nous voici mais où,
à l’intérieur?
ou à l’extérieur?
Mais où est donc au juste cette porte USB?
Par l’odeur du fumier
nous saurons
si un cheval, un cerf
ou encore un âne
nous emmenera plus loin
en extase
mardi, mai 15, 2012
Axe
1. Un laps de temps, d'une semaine,
il m'a fallu
pour osciller
entre Durme et Dender,
Lokeren et Aalst,
entre deux Dirks.
Le vent ne m'a pas empêché
de garder en balance
mon équilibre,
de garder la cadence
de mes pieds,
bref, de danser libre.
J'ai oscillé et pour finir,
ai pris le chemin de l'Égypte.
2. Si je dis il pour que je me prononce,
où me situé-je sinon
dans l'île du poème.
Elle avait gardé une ceinture
et son collier
quand elle s'est dénudée.
Se frottant les mains,
elle émiette le musque,
le rendant glu.
Elle l'applique et l'administre
ensuite derrière mes oreilles,
sur ma poitrine,
entre mes jambes
et autour de mon pénis.
Je ne tarde pas de bander
et prends le chemin de l'Égypte.
3. Rien ne va plus de soi,
les mains entrent
dans les plis
de soie.
Si charnel que ce soit,
nous ne pouvons nous empêcher
de prendre et de donner
le meilleur de nous-mêmes,
la chaleur d'haleine.
C'est qu'après l'Égypte,
nous avons traversé
le moyen orient
pour nous rapprocher,
le proche orient.
Ayant pris le chemin,
le chemin nous mène.
Ayant vu la lumière,
elle nous fait voir.
Tournant l'oreille à la musique,
elle nous transporte,
nous rapprochant.
il m'a fallu
pour osciller
entre Durme et Dender,
Lokeren et Aalst,
entre deux Dirks.
Le vent ne m'a pas empêché
de garder en balance
mon équilibre,
de garder la cadence
de mes pieds,
bref, de danser libre.
J'ai oscillé et pour finir,
ai pris le chemin de l'Égypte.
2. Si je dis il pour que je me prononce,
où me situé-je sinon
dans l'île du poème.
Elle avait gardé une ceinture
et son collier
quand elle s'est dénudée.
Se frottant les mains,
elle émiette le musque,
le rendant glu.
Elle l'applique et l'administre
ensuite derrière mes oreilles,
sur ma poitrine,
entre mes jambes
et autour de mon pénis.
Je ne tarde pas de bander
et prends le chemin de l'Égypte.
3. Rien ne va plus de soi,
les mains entrent
dans les plis
de soie.
Si charnel que ce soit,
nous ne pouvons nous empêcher
de prendre et de donner
le meilleur de nous-mêmes,
la chaleur d'haleine.
C'est qu'après l'Égypte,
nous avons traversé
le moyen orient
pour nous rapprocher,
le proche orient.
Ayant pris le chemin,
le chemin nous mène.
Ayant vu la lumière,
elle nous fait voir.
Tournant l'oreille à la musique,
elle nous transporte,
nous rapprochant.
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le chemin de l'Egypte,
le proche orient,
plis de soie
vendredi, avril 27, 2012
Rebord et quai se désirent
Le Nil berce de sa source,
jamais plus, jamais moins
que le temps lancé à l'eau,
espérer, prier, chanter
qu'à la fin la mer embrasse.
Jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Le sable sec, sec le sable, le sable sèche
la terre
qui de toutes ses forces de tous ses arbres de toutes ses plantes
désire l'eau
et le cœur en mal désire des bras chauds.
Non, jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Un jour nos destins se croiseront,
pourvu que nous nous désirions assez fort.
Ce n'est vraiment pas nous qui créons notre malheur.
Jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Même si le Nil berce encore pendant des années de sa source,
jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
À quoi bon ce grand livre des belles gueules, ce feesboek, il y en a qui se le demandent. Eh bien, à cela qu'un jour, le poète, ancien éditeur et grand anthologue aux Pays-Bas, Henk van Zuiden, y a lancé un appel: qui est capable d'écrire un poème inspiré d'Oum Kalthoum. Ses chants remplissent souvent ma voiture, notre salon, nos nuits parfois, j'ai donc donné présent.
Zut, joseph, joe quoi, ce poème m'a pris une semaine. Le Henk van Zuiden trouvait que la mise en page ne correspondait pas à ce que les lecteurs ont l'habitude de lire. Mais c'est la longueur des versets qui traduit la musique!, voilà ce que j'ai répondu.
D'accord, il avait compris. La plupart des poètes prennent la musique comme thème d'un poème, mais ne chantent pas. Excuseer, mijnheer, maar zo gaat dat niet bij mij. Et voilà, l'anthologie est publiée, Boem, Paukeslag!
Hier, je rencontrais mon ami le poète Roger De Neef. Il avait lu mon poème et m'en félicitait, parce que la musique y coule de source. QeD.
jamais plus, jamais moins
que le temps lancé à l'eau,
espérer, prier, chanter
qu'à la fin la mer embrasse.
Jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Le sable sec, sec le sable, le sable sèche
la terre
qui de toutes ses forces de tous ses arbres de toutes ses plantes
désire l'eau
et le cœur en mal désire des bras chauds.
Non, jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Un jour nos destins se croiseront,
pourvu que nous nous désirions assez fort.
Ce n'est vraiment pas nous qui créons notre malheur.
Jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
Même si le Nil berce encore pendant des années de sa source,
jamais je ne t'oublierai, jamais je ne t'oublierai.
À quoi bon ce grand livre des belles gueules, ce feesboek, il y en a qui se le demandent. Eh bien, à cela qu'un jour, le poète, ancien éditeur et grand anthologue aux Pays-Bas, Henk van Zuiden, y a lancé un appel: qui est capable d'écrire un poème inspiré d'Oum Kalthoum. Ses chants remplissent souvent ma voiture, notre salon, nos nuits parfois, j'ai donc donné présent.
Zut, joseph, joe quoi, ce poème m'a pris une semaine. Le Henk van Zuiden trouvait que la mise en page ne correspondait pas à ce que les lecteurs ont l'habitude de lire. Mais c'est la longueur des versets qui traduit la musique!, voilà ce que j'ai répondu.
D'accord, il avait compris. La plupart des poètes prennent la musique comme thème d'un poème, mais ne chantent pas. Excuseer, mijnheer, maar zo gaat dat niet bij mij. Et voilà, l'anthologie est publiée, Boem, Paukeslag!
Hier, je rencontrais mon ami le poète Roger De Neef. Il avait lu mon poème et m'en félicitait, parce que la musique y coule de source. QeD.
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dimanche, avril 22, 2012
Artaud, ecce homo
Hier, on a encore pu se fâcher un bon coup, à Sint-Niklaas. La nuit traditionnelle des poètes fâchés. J'y ai lu entre autres:
Artaud à Beni Mellal
L’orage menaçant – pas de nue
au ciel – de ce regard
d’animalier, sans couverture
parasol,
Artaud enlève la couverture.
Il crie au tonnerre,
jette la foudre
aux gens assis
à la terrasse
non terrassés.
Ici non plus personne ne l’écoute.
Ecce homo
Je suis à peine détaché
de mon ombre, pas du tout
de ma chair, je sais.
Que fais-je dans mon nez,
à quoi bon me gratter le crâne
après m’être cassé la tête ?
J’ai beau compter mon ombre,
je ne compte pas sur elle.
Artaud à Beni Mellal
L’orage menaçant – pas de nue
au ciel – de ce regard
d’animalier, sans couverture
parasol,
Artaud enlève la couverture.
Il crie au tonnerre,
jette la foudre
aux gens assis
à la terrasse
non terrassés.
Ici non plus personne ne l’écoute.
Ecce homo
Je suis à peine détaché
de mon ombre, pas du tout
de ma chair, je sais.
Que fais-je dans mon nez,
à quoi bon me gratter le crâne
après m’être cassé la tête ?
J’ai beau compter mon ombre,
je ne compte pas sur elle.
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vendredi, avril 06, 2012
Retour à Pontoise (ou le quatrième homme)
1. La rue si longue si large voici
que trois hommes y passent,
en ballade. Le beau temps
en leur faveur pas en leur encontre,
joue avec leur basque
révélant Armani de l'un,
demande à la douane o combien faux,
saluant l'autre en Louis Féraud,
vrai selon la douane,
tout comme C&A du troisième,
que personne ne salue.
2. Je ne voudrais pas
l'inviter à ma table,
voire lui donner
la main de ma fille.
Ainsi parlait Armani faux.
Tout cela et encore plus,
le quatrième homme l'entendit,
un poète quelconque
dans ses fringues usées.
Tu vois, dit il à Armani,
mis en boîte abasourdi
C&A est une valeur sûre.
que trois hommes y passent,
en ballade. Le beau temps
en leur faveur pas en leur encontre,
joue avec leur basque
révélant Armani de l'un,
demande à la douane o combien faux,
saluant l'autre en Louis Féraud,
vrai selon la douane,
tout comme C&A du troisième,
que personne ne salue.
2. Je ne voudrais pas
l'inviter à ma table,
voire lui donner
la main de ma fille.
Ainsi parlait Armani faux.
Tout cela et encore plus,
le quatrième homme l'entendit,
un poète quelconque
dans ses fringues usées.
Tu vois, dit il à Armani,
mis en boîte abasourdi
C&A est une valeur sûre.
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Pontoise,
quatrième homme
jeudi, mars 29, 2012
Que préférez-vous, une ligne de coke ou une ligne de poésie?
"world poetry movement
Rencontre avec trois membres du nouveau World Poetry Movement, fondé en 2011 lors du festival international de poésie de Medellín. Avec Fernando Rendón (Medellín), Bas Kwakman (Poetry International Rotterdam), Hatto Fischer (poète et philosophe grec), et Philippe Meersman (poète). Animée par Geert van Istendael."
Le mouvement, selon les organisateurs de la rencontre, rassemble des poètes et des festivals de poésie de partout dans le monde en favorisant la collaboration et la solidarité. Il veut créer plus d'intérêt dans la poésie pour le monde actuel et de demain, attisant le débat sur la relation entre la poésie et l'engagement social et politique. La poésie, peut-elle favoriser la paix mondiale? La poésie est-elle politique? Le poète qui défend la bonne cause, est-il bon poète? Etc.
Qui pense Medellin, pense automatiquement coke. Les média dans l'immédiat nous poussent dans ce sens. Le cartel de Medellin est mondialement connu. Il s'agit d'un groupement de grossistes en cocaïne.
Nous, qui sommes de la poésie, nous savons mieux: Medellin organise un festival de poésie.
Si le cartel fait des affaires au niveau global, pourquoi le festival ne serait-il pas international? Et voici que le festival attire de nombreux amateurs et poètes. L'intérêt y est.
Souvent et encore maintenant, les poètes croient qu'ils se substituent aux prédicateurs et aux pasteurs. C'est pourquoi, ce soir-là à Bruxelles, le groupe a commencé par la recherche obligatoire d'une poésie du monde, voire mondial, pardon, engagée. Et pour ne pas que le choc des idées ne bouscule les poètes, tant autour de la table que dans l'auditoire, Geert van Istendael présidait la rencontre. (Ainsi, lorsque Bas Kwakman saluait quelques uns des gens qu'il connaît dans l'audience: ne fait pas le bureaucrate, mec.)
Or, il se fait que ce Kwakman était le seul à ne pas être poète, étant l'organisateur du festival international de la poésie à Rotterdam. Il réduisit la poésie de son pays, plat d'ailleurs, à un nombrilisme étroit. Jusqu'au moment Pim pouf paf. Ce coup de grâce a cassé le cordon ombilical des poètes et a fait entrer le monde dans la poésie des Pays-Bas. D'ailleurs, on n' y voit pas encore de poète au même niveau que Lucebert, bien que Martijn Benders y travaille, bien qu'à Istanbul.
Il était inévitable et donc on le citait: Gerrit Komrij, "Tout poème politique est mauvais, tout poème est politique". Et Geert van Istendael, riche d'une expérience d'années en tant que membre, voire président de jury de prix de poésie, d'y ajouter: "à condition que le poème soit bon", évidemment.
Ensuite, les éléments constituant la rencontre trouvaient spontanément des exemples de poèmes sans signification politique, ni implicite ni explicite, qui, un jour, d'un coup, se sont vu attribuer une signification politique.
Le débat vivait ainsi une ouverture et l'audience reprit haleine.
Moi-même, j'écris jamais ou rarement des poèmes critiques du Système. Je préfère la prose, écrite pour le podium, comme 'ik ben van Luxembourg' ou encore 'comment Théo van Gogh aurait dû faire pour qu'il ne soit pas assasiné'.
L'homme de Medellin Fernando Rendón ne parlait pas un mot autre qu'espagnol, assisté d'une interprète. Je citais Enzensberger en Néerlandais et Geert traduisait en Anglais.
Enzensberger: nous avons appris à écrire parce que l'industrie n'existe pas sans documents écrits (patentes, manuels, publicité, etc.) Or, l'industrie étant exportée aux pays moins chers, il ne nous reste plus que de consommer (le mot me fait vomir). Il suffit donc que nous puissions lire, de préférence des textes unidimensionnels et univoques.
Et voilà que dans l'audience, on faisait remarquer que l'être humain veut plus et que souvent, la poésie offre cette plus-value.
Je croyais qu'en rentrant, j'aurai une idée d'une tâche éventuelle dans le cadre de ce mouvement. Il s'est avéré se limiter aux organisateurs de festivals, souvent eux-mêmes des poètes.
Rencontre avec trois membres du nouveau World Poetry Movement, fondé en 2011 lors du festival international de poésie de Medellín. Avec Fernando Rendón (Medellín), Bas Kwakman (Poetry International Rotterdam), Hatto Fischer (poète et philosophe grec), et Philippe Meersman (poète). Animée par Geert van Istendael."
Le mouvement, selon les organisateurs de la rencontre, rassemble des poètes et des festivals de poésie de partout dans le monde en favorisant la collaboration et la solidarité. Il veut créer plus d'intérêt dans la poésie pour le monde actuel et de demain, attisant le débat sur la relation entre la poésie et l'engagement social et politique. La poésie, peut-elle favoriser la paix mondiale? La poésie est-elle politique? Le poète qui défend la bonne cause, est-il bon poète? Etc.
Qui pense Medellin, pense automatiquement coke. Les média dans l'immédiat nous poussent dans ce sens. Le cartel de Medellin est mondialement connu. Il s'agit d'un groupement de grossistes en cocaïne.
Nous, qui sommes de la poésie, nous savons mieux: Medellin organise un festival de poésie.
Si le cartel fait des affaires au niveau global, pourquoi le festival ne serait-il pas international? Et voici que le festival attire de nombreux amateurs et poètes. L'intérêt y est.
Souvent et encore maintenant, les poètes croient qu'ils se substituent aux prédicateurs et aux pasteurs. C'est pourquoi, ce soir-là à Bruxelles, le groupe a commencé par la recherche obligatoire d'une poésie du monde, voire mondial, pardon, engagée. Et pour ne pas que le choc des idées ne bouscule les poètes, tant autour de la table que dans l'auditoire, Geert van Istendael présidait la rencontre. (Ainsi, lorsque Bas Kwakman saluait quelques uns des gens qu'il connaît dans l'audience: ne fait pas le bureaucrate, mec.)
Or, il se fait que ce Kwakman était le seul à ne pas être poète, étant l'organisateur du festival international de la poésie à Rotterdam. Il réduisit la poésie de son pays, plat d'ailleurs, à un nombrilisme étroit. Jusqu'au moment Pim pouf paf. Ce coup de grâce a cassé le cordon ombilical des poètes et a fait entrer le monde dans la poésie des Pays-Bas. D'ailleurs, on n' y voit pas encore de poète au même niveau que Lucebert, bien que Martijn Benders y travaille, bien qu'à Istanbul.
Il était inévitable et donc on le citait: Gerrit Komrij, "Tout poème politique est mauvais, tout poème est politique". Et Geert van Istendael, riche d'une expérience d'années en tant que membre, voire président de jury de prix de poésie, d'y ajouter: "à condition que le poème soit bon", évidemment.
Ensuite, les éléments constituant la rencontre trouvaient spontanément des exemples de poèmes sans signification politique, ni implicite ni explicite, qui, un jour, d'un coup, se sont vu attribuer une signification politique.
Le débat vivait ainsi une ouverture et l'audience reprit haleine.
Moi-même, j'écris jamais ou rarement des poèmes critiques du Système. Je préfère la prose, écrite pour le podium, comme 'ik ben van Luxembourg' ou encore 'comment Théo van Gogh aurait dû faire pour qu'il ne soit pas assasiné'.
L'homme de Medellin Fernando Rendón ne parlait pas un mot autre qu'espagnol, assisté d'une interprète. Je citais Enzensberger en Néerlandais et Geert traduisait en Anglais.
Enzensberger: nous avons appris à écrire parce que l'industrie n'existe pas sans documents écrits (patentes, manuels, publicité, etc.) Or, l'industrie étant exportée aux pays moins chers, il ne nous reste plus que de consommer (le mot me fait vomir). Il suffit donc que nous puissions lire, de préférence des textes unidimensionnels et univoques.
Et voilà que dans l'audience, on faisait remarquer que l'être humain veut plus et que souvent, la poésie offre cette plus-value.
Je croyais qu'en rentrant, j'aurai une idée d'une tâche éventuelle dans le cadre de ce mouvement. Il s'est avéré se limiter aux organisateurs de festivals, souvent eux-mêmes des poètes.
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Bruxelles,
Geert van Istendael,
Medellin,
passa porta,
Philip Meersman
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