Vous êtes à la recherche d'une poésie dépassant les langues et les frontières? Ou encore, vous n'êtes pas du tout à la recherche, vous y tombez. C'est ce pastout d'une langue qu'Eugène Ionesco écrit "lalangue". Lacan a repris ce terme."Quelque chose d'autre qu'il faut imaginer avant de comprendre" - Toni Morrison, Jazz
samedi, mars 14, 2009
Breughel aller et retour
La mort règne fort à présent. Il y a une semaine, deux philosophes belges d'expression néerlandophone sont morts: Patricia De Martelaere (51 ans) et Jaap Kruithof (79 ans). Que faire sinon les intégrer? Dans un cycle de 3 poèmes.
1. Salir un nom, Modrikamen notamment,
il faut le faire et jeter
des billes brillantes vers les ailes
des ânes gestionnaires en chute libre,
vers le haut.
Comme ils planent sur l’air
qu’ils ont brassé.
Tirer et vider son fusil
au jardin d’Eden, il faut le faire.
Tout cela et beaucoup plus.
Mais on ne torture pas la martyre,
qui apparaît à peine.
Elle est tombée
sous les piqûres du crabe.
Fred s’écria ‘plus de lumière !’
et meurt.
2. Viennent ensuite se faire laver
en toute innocence,
Modrikamen, la martyre et Fred.
Chacun à son tour, au suivant.
Jusqu’au moment où, de loin,
on entend de la chute la fin
forcée des superânes.
On se fait martyre pour souffrir,
Modrikamen nous fait rire,
Fred nous fait chanter
et les ânes sont faits
pour s’en servir.
3. Arbre battant le plein,
pleins d’arbres battant le soleil.
Ils tamisent la lumière.
Pour ne pas parler des arbustes,
ils ne sont guère rustres.
Quant aux tambours, ils s’accompagnent
de cuivres, battant une mesure.
Les cuivres brillent, bien sûr,
dans cette lumière tamisée.
Nous chanterons jusqu’au coucher
du soleil.
Plus de lumière !
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odalisque

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